La Maison de la Paix : entre architecture et aménagements intérieurs

L'architecture de la Maison de la Paix est remarquable autant par son esthétique organique et les aménagements de ses espaces intérieurs que par son recours à des technologies innovantes. Tour d'horizon esthétique et technologique de ce nouvel ensemble architectural dédié à la Genève internationale.

Mars 2014

Située au coeur de la Genève internationale, à l'intersection de l'avenue de France et du chemin Eugène Rigot, la Maison de la Paix est la plus récente adjonction au campus de l'Institut de Hautes Études Internationales et du Développement (IHEID), appelé également Campus de la Paix.

Une architecture organique et innovante

L'architecture d'une grande qualité de conception et de réalisation est le résultat d'un concours international lancé en 2008. Sur la soixantaine de projets présentés, c'est celui d'un architecte neuchâtelois, Eric Ott, qui a été retenu.

Se jouant de contraintes importantes comme la forme triangulaire du terrain et la présence imposée d'une passerelle pour la mobilité douce, le projet d'Eric Ott propose une architecture organique - tout en arrondis et en transparence - d'une grande variété. En effet, les 6 bâtiments ne compteront au final pas moins de 94 courbes différentes. Cette architecture a d'ailleurs valu aux bâtiments de la Maison de la Paix d'être dotés du joli nom de pétales, en référence à leur forme.

Le recours à des technologies innovantes a permis à la Maison de la Paix de recevoir le label Minergie. L'ensemble des bâtiments est notamment relié au réseau Genève-Lac-Nations (GLN) qui emploie l'eau du lac pour alimenter les bâtiments en chaleur ou en climatisation, selon la saison. Les façades quant à elles disposent d'une double peau en verre qui permet d'assurer un éclairage naturel jusqu'au cœur des bâtiments et une isolation thermique et phonique optimale.

La seconde phase de construction est achevée

Les deux premiers bâtiments achevés en septembre 2013 accueillent depuis la rentrée universitaire les étudiants de l'IHEID. La deuxième phase de construction concernant les pétales 3 et 4 est également achevée et accueille depuis janvier 2014 le Centre pour le Contrôle Démocratique des Forces Armées (DCAF), le Centre de Politique de Sécurité, Genève (GCSP) et le Centre international de Déminage Humanitaire (GICHD). Les pétales 5 et 6, seront, quant à elles, terminées d'ici à l'automne prochain. La proximité entre l'IHEID, ces organisations et d'autres qui viendront s'installer dans les pétales 5 et 6 devrait permettre à terme le développement d'un pôle d'excellence dans les domaines de la paix et de la sécurité.

Coup de projecteur sur les aménagements intérieurs de l'IHEID

Dans les pétales 1 et 2, l'IHEID a installé des salles de classe et de réunion, sa bibliothèque, une cafétéria, des auditoires et ses bureaux administratifs. Les aménagements intérieurs ont été réalisés dans un esprit d'innovation, et en cherchant à donner une identité forte aux lieux.

Des œuvres à vivre au quotidien: quand l'art s'invite à la Maison de la Paix

Quatre installations et œuvres d'art choisies par un jury d'experts contribuent à créer des espaces attrayants et à stimuler réflexion, inspiration et discussion.

Un jury extérieur de six personnalités de l'art contemporain a identifié une vingtaine d'artistes et leur a demandé de faire des propositions pour la Maison de la Paix. Sur les 18 projets soumis, quatre ont été retenus. Il s'agit des projets de Monika Sosnowska, Peter Kogler, Matt Mullican et Katja Schenker.  S'y ajoute une œuvre sur papier de l'artiste suisse Franz Gertsch, offerte par un généreux donateur.

Choisie par les employés de l'IHEID, la sculpture de Monika Sosnowska est constituée d'un fragment de façade d'un bâtiment moderniste polonais des années 60. L'artiste qui vit et travaille à Varsovie l'a modifié de manière à en faire une installation tridimensionnelle destinée à être suspendue et à flotter librement dans l'espace. Recyclant un élément de construction, l'œuvre de Monika Sosnowska peut être perçue comme l'affirmation d'un possible renouveau. L'œuvre joue sur le contraste entre poids réel - l'installation pèse 750 kilos - et légèreté supposée, ainsi que sur l'effet de citation puisqu'il s'agit du fragment d'un bâtiment appartenant à une époque révolue.

Située à proximité de la bibliothèque et de l'auditoire Ivan Pictet, l'installation du plasticien autrichien Peter Kogler ne peut manquer d'interpeler. L'installation recourt au motif du nid d'abeilles appliqué sur les parois vitrées et les sols. Ces réseaux d'alvéoles - parfois déformées - créent des illusions d'optique déstabilisantes qui modifient le rapport à la réalité architecturale du lieu en le détournant et en le révélant.

L'artiste californien Matt Mullican a pour sa part développé un projet autour de la notion de signalétique. Ces images qui évoquent des pictogrammes provenant de notre monde contemporain recourent aux couleurs primaires auxquelles l'artiste attribue un symbolisme personnel. Le noir, par exemple, représente le langage alors que le rouge est la couleur des valeurs subjectives et spirituelles et le bleu celle des mystères de l'inconscient. Apposés sur les assiettes de la cafétéria, ces pictogrammes - une quarantaine au total - interpellent les utilisateurs et les invitent à questionner les symboles qui les entourent.

La dernière installation - celle de la zurichoise Katja Schenker - devrait être installée dans le courant de 2014. Qualifiée de nougat, l'œuvre alternera couches de béton et d'objets divers - troncs, rochers, etc. - et proposera une vision contemporaine des fouilles archéologiques. 

Finalement au cœur de la bibliothèque se trouve une œuvre de l'artiste suisse hyperréaliste Franz Gertsch. Cette xylogravure de grande dimension représente un paysage de sous-bois de manière quasi photographique. Réalisée dans la technique dite du criblé, la gravure rend perceptible détails et textures, tout en offrant une vision méditative et atemporelle du monde. 

 

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