Une feuille de route ambitieuse pour la Genève internationale

 

 

Par Olivier Coutau, Délégué à la Genève internationale, Département de la sécurité, République et canton de Genève

La récente rencontre entre John Kerry et Sergueï Lavrov a permis à la Suisse et à Genève de faire, une fois encore, la démonstration de leur savoir-faire en matière d’accueil d'événements internationaux de très haut niveau. Avec un préavis de quelques heures seulement, un important dispositif policier a notamment été mobilisé pour assurer la sécurité des deux délégations durant leur visite de trois jours.

Certains médias ont vu dans cet événement un renouveau de la Genève internationale. Il est vrai que les rencontres de ce type ne sont pas quotidiennes et qu'on peut se réjouir de la visibilité qu'elles offrent. Il n'en reste pas moins qu'elles ne constituent pas l'essentiel de la Genève internationale. La plupart des organisations installées à Genève traitent de problèmes moins spectaculaires, mais tout aussi importants. C'est ainsi que le Global Fund a sauvé des millions de vies menacées par le Sida, la tuberculose ou la malaria, que la convention sur les mines antipersonnel a permis la destruction de dizaines de millions d'engins dangereux ou que le CERN a fait des découvertes majeures dans le domaine de la physique.

La Suisse et Genève peuvent se féliciter de ces succès. Elles y ont contribué en offrant aux organisations qu'elles accueillent, et qui n'ont d'ailleurs jamais été aussi nombreuses, des conditions de travail optimales. Il serait toutefois malvenu de se reposer sur ces lauriers. Les défis ne manquent pas. Ils ont pour noms concurrence, rénovations ou restrictions budgétaires.

C’est dans ce contexte que, sous la conduite du ministre des affaires étrangères Didier  Burkhalter et du conseiller d'Etat Pierre Maudet, chargé de la Genève internationale, la Confédération et le canton ont adopté, au mois de juin dernier, une feuille de route commune.

Celle-ci apporte notamment des réponses à la question des rénovations de certains bâtiments vieillissants. Elle cherche aussi à mieux faire profiter des ressources qu'offre la présence sur un même territoire d'un ensemble unique d'acteurs internationaux. L'Etat de Genève travaille ainsi, aux côtés de l'Université et de l’Institut de hautes études internationales et du développement, à un ambitieux projet de centre pour la coopération mondiale à Penthes.

La collaboration entre le canton et la Confédération s'est aussi traduite récemment par une augmentation de plusieurs millions de francs du soutien financier fédéral aux tâches de la police cantonale en lien avec la présence des organisations internationales.

Finalement, s'il y a renouveau de la Genève internationale, c'est avant tout dans l'élan donné ces derniers mois à l'action coordonnée des autorités locales qu'il faut le chercher.

Texte publié dans la Tribune de Genève du 18 septembre 2013

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